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Avocats Sans Frontières France engagé contre la torture.

Le 26/06/2017 - Par François Cantier et Laurie Antolin.

Stop torture

      L'Assemblée Générale des Nations Unies a proclamé le 26 juin "Journée Mondiale de Soutien aux Victimes de Torture". Cette journée vise à éliminer totalement les actes de torture et d'assurer l'application de la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Selon Amnesty International, plus de 140 pays continuent de pratiquer la torture ou autres mauvais traitements.

      Face à ce constat alarmant, Avocats Sans Frontières France (ASFF) est engagé au Nigéria pour lutter contre cette pratique depuis 2009 dans le cadre de plusieurs projets successifs. Depuis janvier 2017, le projet PROCAT (Aide juridictionnelle pour les victimes de la torture et promotion des principes de la Convention des Nations Unies contre la Torture) vise à la réduction des actes de torture tout au long du processus pénal grâce à la mobilisation des acteurs judiciaires et à la sensibilisation de la population au Nigéria.

      L'intervention d'ASFF a débuté au Nigéria avec l'apport de son soutien lors du procès d'Amina Lawal, jeune femme condamnée à la lapidation par un tribunal charia pour avoir eu un enfant hors mariage, le 19 août 2002. Bien que le Nigéria ait ratifié la Convention des Nations Unies contre la Torture (CAT) en 2001, de nombreux obstacles s'opposent à son application effective, en raison de carences du système judiciaire observables lors des enquêtes de police, au niveau des services d'aide juridictionnelle, via des abus de procédures, voire même par l'acceptation par les juridictions des aveux forcés comme mode de preuve. Avocats Sans Frontières France concentre ses efforts sur ses failles.

      Les projets mis en place ont un impact direct sur la population, comme en témoigne un des bénéficiaires du projet PROCAT : "en octobre 2011, j'ai été incarcéré après avoir subi des blessures par balles, avoir été battu à coups de bâton, fouetté et poignardé avec un couteau par la police. J'ai connu ASF France en 2014 lorsqu'un avocat membre est venu à la prison et m'a présenté l'association. Mon cas a été pris en charge et le juge m'a accordé 1 Million de Nairas de dommages et intérêts et ma libération sous caution."

      Malgré ces succès, il faut constamment redoubler d'efforts afin de faire évoluer les pratiques, respecter les principes de l'Etat de droit et atteindre un jour l'élimination définitive de l'usage de la torture.

 

 

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