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ASF France présent à la conférence mondiale de la coalition contre la peine de mort à Washington.

 

Le 28/06/2017 - Par François Cantier et Lucie Fouchier

 

       Comme chaque année, Amnesty International a présenté son rapport sur "la peine capitale dans le monde". Le constat des condamnations et des exécutions reste alarmant. Bien que 2/3 des pays aient éliminé la peine de mort dans leurs lois ou dans leurs pratiques, 57 la pratiquent encore. L'ONG signale au-moins 1032 exécutions durant l'année 2016. L'année 2015 avait enregistré un pic d'exécution inégalé depuis 1989. La moyenne de l'année 2016 reste largement supérieure à celles enregistrées depuis 1982, soit 697 exécutions sur les 35 dernières années. A cela s'ajoute le problème de dysfonctionnement des systèmes judiciaires de ces pays qui persiste. De nombreuses condamnations et exécutions sont prononcées sur de simples aveux, obtenus le plus souvent par la torture.

      La coalition mondiale contre la peine de mort, qui mène une lutte acharnée contre la sentence capitale, a tenu sa 15e assemblée générale à Washington du 22 au 24 juin. Fondée en 2002, cette organisation vise à "renforcer la dimension internationale du combat contre la peine de mort" et à en obtenir l'abolition universelle. Cette conférence a pour thème "la peine de mort et la pauvreté" et sera l'occasion de mettre en lumière la mobilisation en Afrique contre cette pratique.

      Angela Uwandu, coordinatrice du projet de lutte contre la torture (PROCAT), a représenté Avocats Sans Frontières France et ses actions contre la peine capitale lors de la 15ème Journée mondiale. ASF France intervient au Nigéria depuis 2003. Entre 2011 et 2013, elle a mis en oeuvre un projet de lutte contre la peine de mort intitulé SAving LIves (SALI) dans ce pays où de nombreuses personnes encourent toujours la peine capitale y compris pour des affaires de droit civil. SALI visait à obtenir une jurisprudence emblématique sur la peine de mort, à réduire le nombre de condamnations, à garantir une défense de qualité pour les condamnés et à sensibiliser les acteurs judiciaires et politico-administratifs sur l'urgence d'abolir cette pratique. Certaines requêtes présentées devant la Cour de justice de la CEDEAO ont conduit à la libération de condamnés à mort, en témoigne l'exemple de Maimuna Abdulmumini, condamnée puis emprisonnée avec un nourrisson pour le meurtre présumé de son mari alors qu'elle était âgée de seulement treize ans.

      Ce genre d'exemple vient renforcer l'utilité de l'action d'organisation telles qu'Avocats Sans Frontières France pour la défense des plus démunis mais également l'interpellation des autorités pour mettre fin aux pires violations des droits humains. A ce titre, Angela Uwandu est intervenue le vendredi 23 juin au cours d'un atelier de présentation durant lequel elle a fait un plaidoyer pour l'abolition de la peine de mort en Afrique sub-saharienne.

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