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Les défenseurs des droits de l'Homme en Turquie et ailleurs

     Par François Cantier et Lucie Fouchier

       Chaque jour, dans le monde, des opposants au régime sont arrêtés et emprisonnés au seul motif qu'ils défendent les droits de l'Homme et se battent contre l'injustice qui règne dans leur pays. L'exercice de leur activité est aujourd'hui dangereuse voire mortelle. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme définit le défenseur des droits de l'Homme comme "toute personne qui, individuellement ou en association avec d'autres, oeuvre à la promotion ou à la protection des droits de l'Homme". C'est son engagement qui définit le défenseur et il peut être journaliste, avocat, syndicaliste, militant ou simple citoyen. 

     Entre juin et juillet en Turquie, dix militants d'Amnesty international dont la Directrice et le Président de l'organisation turque ont été arrêté et inculpés. Il sont désormais détenus dans les prisons turques. Ce lundi s'ouvre également le procès de neuf journalistes de plus vieux quotidien du pays. Tous ont été arrêtés pour faire taire les voix dissidentes ainsi que taire les critiques contre la politique actuelle du président Erdogan, qui craint depuis le putsch de 2016 une nouvelle révolte et justifie ainsi la prolongation de l'Etat d'urgence et les arrestations. 

     La situation en Turquie n'est évidemment pas isolée. Selon l'Organisation Mondiale contre la torture, la situation des défenseurs des droits de l'Homme est risquée dans 80 pays dans le monde. Leur criminalisation est réalisée partout de la même manière: ils sont accusés d'une infraction grave tels que la fraude fiscale, le terrorisme, ou toute autre menace contre la sûreté de l'Etat afin de justifier leur détention puis leur emprisonnement arbitraire dans l'attente d'un procès. D'autres défenseurs sont victimes de menaces, harcèlement, agression, arrestation forcée, et assassinat.||amp||#160;Il est aujourd'hui impossible de connaitre le nombre exact de défenseurs de droit menacés mais la lutte pour leur protection s'organise depuis plusieurs années au niveau international. Des organisations telles que Amnesty international, la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) ou Human Rights Watch mais également les Nations Unies s'engagent, lancent des enquêtes, et interviennent dans les pays pour assurer la protection et la défense de ces acteurs. 

     Depuis sa fondation en 1998, ASF France s'engage aux côtés de ces femmes et de ces hommes qui oeuvrent au péril de leur vie pour la défense des droits fondamentaux. En 2017, deux projets ont été mis en place en Cote d'Ivoire et au Mali pour accompagner les défenseurs des droits de l'Homme dans l'exercice de leurs activités. Au Mali, il s'agit de renforcer les capacités de ces défenseurs pour leur permettre à leur tour de transmettre leurs connaissances et compétences aux autres acteurs de la société civile. 

     En Cote d'Ivoire, le PRODEF (promotion et protection des défenseurs des Droits de l'Homme) a vocation à protéger et promouvoir l'action des défenseurs des droits de l'Homme en renforçant leurs capacités et en sensibilisant les autorités et les populations à l'intérêt de leur action. Il s'agit également d'offrir aux défenseurs victimes de violations de leurs propres droits, une assistance judiciaire gratuite afin de garantir leur protection effective. Toujours dans un souci de pédagogie et d'autonomisation des acteurs locaux, ASF France s'engage à former les défenseurs de droit de l'Homme par les ateliers de pratiques. 

     ASF France s'engage auprès de ceux qui défendent les droits afin d'en dénoncer la criminalisation et la précarité auxquelles ils sont condamnés. 

     A cette occasion, ASF France souhaite rendre hommage à Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix et décédé le 13 juillet dernier, pour son combat pacifique pour les droits de l'Homme. Auteur et signataire de la charte 08, dont le but était de promouvoir une réforme politique vers plus de démocratie dans la République populaire de Chine.||amp||#160;Perçu comme une attaque au régime, ce manifeste a fait l'objet d'une forte répression pour les auteurs et les signataires. Liu Xiaobo a été condamné à 11 ans de prison en raison de son activisme contre le régime politique chinois. Aujourd'hui, les conditions de son incarcération font polémiques et révèlent une situation politique autoritaire en Chine. ASF France continuera à poursuivre et à honorer le combat de cet homme au travers de ces projets. 

Agenda

21-22-23 septembre

Formation de formateur - Renforcement