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ALERTE SOUDAN: Des défenseurs des Droits de l’Homme détenus arbitrairement

 

ALERTE

SOUDAN 
 
 
 Défenseur des droits de l'homme Soudan                                        Défenseur des droits de l'homme Soudan                         

 

 

 

 Description de la situation :

Depuis le 6 décembre dernier le Dr Farouk Abu Eissa, avocat de formation, Président de l’Union des Avocats Arabes et leader de l’opposition au Soudan, et, le Dr Amin Mekki Madani, avocat et éminent défenseur des droits de l’homme sont détenus arbitrairement pour leurs opinions politiques. Cette arrestation fût suivie, le lendemain, par celle de Dr Farah Ibrahim Mohamed Alagar, ancien officier des forces armées du Soudan et ancien Président du parti du congrès national de l’Etat du Nil Bleu.

Le 3 décembre 2014, le Dr Farouk signe, en tant que Chef du mouvement d’opposition des Forces de Consensus National (FCN), « l’Appel du Soudan » aux cotés du Dr Amin Mekki Madani, à la tête de l’Alliance des organisations soudanaises de la Société civile.

Ce document politique pour la « Mise en place d'un État de la Citoyenneté et de la démocratie » a uni des groupes armés et d’autres partis d’opposition afin de démanteler le « régime du parti unique » du Président Soudanais Omar Al Bashir au pouvoir depuis 25 ans. Les cosignataires de  « l’Appel du Soudan » se sont engagés à œuvrer pour mettre fin aux conflits qui font rage dans différentes régions du Soudan et à mettre en place des réformes juridiques, institutionnelles et économiques.

Au retour de ce rassemblement d’opposition, qui s’est déroulé à Addis-Abeba en Ethiopie, les deux opposants sont arrêtés par les agents du Service national de la sûreté et du renseignement à Khartoum la capitale soudanaise. Le Dr Farah Ibrahim Mohamed Alagar a également été arrêté à son domicile sur le seul fondement de sa participation à « l’Appel du Soudan » bien qu’il n’en soit pas signataire.

Âgés respectivement de 78 et 75 ans, lDr Farouk Abu Eissa et le Dr Amin Mekki Madani qui sont détenus depuis deux mois déjà, souffrent de problèmes de santé importants et se sont vu refuser une assistance médicale de même qu’une libération sous caution.

Le 10 janvier 2015 seulement, soit un mois environ après leur arrestation, l’on apprenait que six charges avaient été retenues contre euxparmi lesquelles l’intention de mener la guerre contre l’Etat Soudanais, sur le fondement de l’article 51 du Code pénal soudanais et l’atteinte à l’ordre constitutionnel sur le fondement de l’article 50, deux crimes punissables de la peine de mort, alors même qu’il est interdit d’exécuter une personne ayant atteint l’âge de 70 ans.

Récemment, le Président a fait part de sa volonté de libérer ces personnes à la condition qu’elles expriment leurs excuses pour les violations présumées. L’intervention du Président et ces arrestations interviennent peu de temps avant les élections législatives et présidentielle prévues le 13 avril au Soudan.

Le Parlement européen a exigé la libération de ces individus et ASF France rejoint cette initiative en exprimant sa vive indignation quant à ces arrestations arbitraires, et quant au non respect des droits fondamentaux que sont le droit à un procès équitable et la liberté d’expression et d’opinion.

 

Par conséquent ASF France :

Demande la  libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques et défenseurs des droits de l’Homme au Soudan notamment du Dr Farouk Abu Issa,  Dr Amin Mekki Madani et du Dr Farah Ibrahim Mohamed Alagar.

 

Rappelle aux autorités soudanaises que le Soudan est engagé par les dispositions de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui prévoit en son article 10 le droit à un procès équitable et en son article 11 la présomption d’innocence et par celles de la Déclaration islamique universelle des Droits de l’Homme proclamée le 19 septembre 1981 qui rappelle également le caractère sacré et inviolable de la vie humaine (article 1) ainsi que le droit à un procès équitable (article 5).

 

Rappelle également que l’indépendance des avocats est l’un des principaux baromètres de la démocratie et de l’effectivité de l’Etat de droit. Il attire l’attention des autorités soudanaises sur les Principes de base relatifs au rôle du Barreau, qui ont été adoptés par le huitième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants qui s’est tenu à la Havane (Cuba) du 27 août au 27 septembre 1990.

Principe 23 : « Les avocats, comme tous les autres citoyens, doivent jouir de la liberté d'expression, de croyance, d'association et de réunion. En particulier, ils ont le droit de prendre part à des discussions publiques portant sur le droit, l'administration de la justice et la promotion et la protection des droits de l'homme et d'adhérer à des organisations locales, nationales ou internationales, ou d'en constituer, et d'assister à leurs réunions sans subir de restrictions professionnelles du fait de leurs actes légitimes ou de leur adhésion à une organisation légitime. Dans l'exercice de ces droits, des avocats doivent avoir une conduite conforme à la loi et aux normes reconnues et à la déontologie de la profession d'avocat ».

Appelle la communauté des Etats et les organisations internationales à intercéder auprès des autorités soudanaises pour le respect des droits de la défense et leur remise en liberté. 

Appelle les associations de défense des droits de l’homme à apporter leur soutien et à adresser leurs demandes aux autorités soudanaises.

 

 

 

 

 

Pour écrire aux autorités du Soudan :

 

Président du Soudan Omar Hassan Ahmad al-Bashir

Office of the President

People's Palace

P.O. Box 281, Khartoum, Soudan

Courriel : info@sudan.gov.sd

 

Ministre de la Justice Mohammed Bushara Dousa

Ministry of Justice,

PO Box 302, Al Nil Avenue Khartoum,

Soudan Courriel : info@sudanjudiciary.org

 

  

ALERTE SOUDAN 2015 : Défenseurs des Droits de l’Homme, détenus arbitrairement et menacés de la peine de mort pour leurs opinions politiques

 

 

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